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Talents for the Planet 2026 : 8 000 offres au Centquatre

Talents for the Planet 2026 : 8 000 offres au Centquatre

Par Guillaume P.

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Guillaume P.

Le 9 juin 2026, le Centquatre-Paris accueille la 6e édition de Talents for the Planet. 130 exposants, 50 entreprises qui recrutent, plus de 8 000 offres d'emploi et de stages affichées sur le job board officiel. Entrée gratuite sur inscription, 9h-18h30. C'est devenu le rendez-vous central pour qui cherche un poste lié à la transition écologique en France, et il sert souvent de baromètre annuel à ce marché de niche qui pèse moins de 3 % des offres cadres mais qui progresse plus vite que la moyenne.

Le salon change de lieu cette année. Fini le Parc Floral de Vincennes, retour dans Paris intra-muros au 5 rue Curial, dans le 19e. Ce détail logistique n'est pas anodin : il vise un public plus large (étudiants franciliens, actifs en pause déjeuner, reconversions en activité) et il colle au positionnement « culture + impact » du Centquatre. 6 000 visiteurs attendus selon les organisateurs (Groupe AEF + PRODURABLE), soit le même volume que l'édition 2025 au Parc Floral.

La 6e édition en chiffres : ce qui compte vraiment#

Les chiffres affichés par l'organisateur tiennent en quelques lignes. 130 exposants au total, dont 50 entreprises en mode recrutement actif, 30 universités et écoles, et une dizaine de startups CleanTech. 80 intervenants programmés sur trois scènes. 30 conférences, récits et ateliers répartis sur la journée. 90 partenaires engagés. 8 000 offres consultables sur le job board partenaire (jobs.talentsfortheplanet.fr, alimenté entre autres par Jobs That Make Sense et How I Met Your Planet).

La proportion compte plus que le brut. 50 recruteurs pour 6 000 visiteurs, ça fait environ 120 candidats potentiels par stand. Si vous arrivez à 9h sans avoir préparé qui vous allez voir, vous ferez la queue toute la journée pour rien. Si vous ciblez 4 ou 5 organisations avant d'entrer dans le bâtiment, vous repartirez avec 4 ou 5 conversations utiles. C'est mathématique.

L'édition 2024 comptabilisait 67 recruteurs et 1 171 offres. L'édition 2026 affiche 50 recruteurs mais plus de 8 000 offres. La baisse du nombre de recruteurs s'accompagne d'une explosion du volume d'offres : les organisateurs ont basculé sur une logique de job board partenaire (plusieurs plateformes agrégées) plutôt qu'une simple compilation des stands. Lecture honnête : ces 8 000 offres ne sont pas toutes liées aux exposants présents le jour J. C'est un vivier annuel, pas une promesse d'embauche en direct.

Les exposants confirmés : qui vient chasser cette année#

L'annuaire 2026 a été partiellement publié. Côté entreprises, on retrouve les ambassadeurs récurrents : ADEME, APEC, Bpifrance, Veolia, La Poste Groupe, Octopus Energy, Carrefour, SYSTRA France, Klépierre, IDEX, Itron, Fives Group, GROUPE ORTEC, DS Smith Packaging, Smurfit Westrock, Valobat, Pochet du Courval, Riva Acier, CRAM, KP1, Actierra.

Les fédérations professionnelles sont représentées par AVEC L'INDUSTRIE, FEDENE (efficacité énergétique), GIM (Groupement des Industries Métallurgiques), la Fédération du cristal et du verre, FIB. Les OPCO Mobilités, Constructys et Concepteurs d'Avenirs viennent porter les financements de la reconversion par l'alternance. Côté écoles : École nationale des ponts et chaussées, Kedge Business School, Le CNAM Paris, Université Gustave Eiffel, l'enseignement agricole public, l'Institut d'Économie Durable.

Les territoires sont présents avec Nouvelle-Aquitaine, Normandie Attractivité, Dunkerque l'énergie créative, La Belle Vie en Seine-Maritime, Syctom (le syndicat de traitement des déchets ménagers d'Île-de-France).

Et les associations qui structurent les communautés : Convention des entreprises pour le climat (CEC), THE SHIFTERS, SHIFT YOUR JOB, ON PURPOSE FRANCE, Makesense, GenAct, Les Collectifs, Séisme, La Fresque des Achats Responsables.

Ce panel raconte une chose : la transition écologique n'est plus l'apanage des startups vertes. Les grandes industries (verre, métallurgie, packaging, énergie) viennent recruter parce qu'elles doivent décarboner leur outil de production. C'est précisément le mouvement que l'Apec observe depuis 2019, et ça change ce qu'on attend du candidat.

Ce qui se cache derrière l'étiquette « emploi vert » en 2026#

Le marché vert reste étroit. En 2024, l'Apec a enregistré 13 710 offres cadres liées aux métiers verts. Soit 2,9 % du total des offres cadres. Et ce chiffre était en baisse de 11 % par rapport à 2023. On était à 1,8 % en 2019, donc la dynamique long terme reste positive, mais le marché n'a pas explosé : il s'est élargi, doucement.

Deux domaines concentrent 85 % de ces offres : la gestion des risques environnementaux (6 060 offres) et l'énergie-eau (5 520 offres). Le reste se disperse entre RSE, économie circulaire, biodiversité, mobilité durable, finance verte. Si vous visez un poste cadre « 100 % vert » sans flexibilité sur le secteur, vous vous battez sur un tout petit gâteau.

L'angle qui marche, lui, c'est la compétence verte transverse. 25 % des offres cadres publiées par l'Apec en 2024 exigent une compétence environnementale, même quand le poste lui-même n'est pas estampillé « vert ». Chez les cadres de la maintenance industrielle, on passe de 29 % d'offres mentionnant la décarbonation en 2019 à 39 % en 2024. Pareil sur les achats, la qualité, la supply chain. C'est là que se font les vrais recrutements, pas seulement sur les postes intitulés « chef de projet RSE ».

À horizon plus long, la planification écologique française (rapport SGPE 2023) prévoit 8 millions d'emplois directement affectés par la transition d'ici 2030. Net : 150 000 créations sur le solde 400 000 créés / 250 000 détruits. L'ADEME, sur ses scénarios Transitions 2050, projette 800 000 emplois créés en 2035 dans le scénario S4 (le plus ambitieux). Les hypothèses divergent selon les modèles, mais la direction est la même : ça recrute, et ça recrutera plus.

Profils recherchés en juin 2026 : où se concentrent les besoins#

Trois familles tirent la demande aujourd'hui.

D'abord la rénovation énergétique du bâtiment, à elle seule 200 000 postes à pourvoir selon le Ministère de la Transition écologique. Conducteurs de travaux, ingénieurs efficacité énergétique, thermiciens, techniciens en pompe à chaleur, auditeurs énergétiques. La construction au sens large recule (-16,4 % dans le BMO France Travail 2026), mais la rénovation tient et les profils spécialisés sont en tension.

Ensuite tout ce qui touche à la conformité réglementaire et à la donnée environnementale. CSRD, ESRS, ACV (analyse de cycle de vie), reporting carbone, auditeurs ISO 14001, responsables conformité PPWR sur les emballages. Ces métiers naissent ou se transforment vite, portés par les obligations européennes. Les grandes entreprises présentes au salon (Veolia, La Poste, Carrefour) cherchent ces compétences en interne et chez leurs prestataires.

Enfin l'économie circulaire et la gestion des déchets, secteur en croissance solide : +24,8 % de projets de recrutement dans extraction/énergie/déchets selon le BMO 2026. Le Syctom, qui sera au salon, recrute chaque année pour ses centres de tri et ses unités de valorisation énergétique. Les industriels du packaging (Smurfit Westrock, DS Smith, Pochet) cherchent des profils achats responsables, supply chain circulaire, R&D matériaux.

À noter pour les profils techniques : les organismes de formation présents (CNAM, Institut Transitions, Green Management School, Regen School, ECO-Conseil, AGENCE LUCIE) ne viennent pas seulement vendre des diplômes. Ils orientent vers des reconversions courtes (6 à 18 mois) qui débouchent vraiment, et ils ont la liste des entreprises qui embauchent leurs sortants. Si vous êtes en reconversion, leur stand vaut souvent une conférence.

Comment préparer le salon : la version sans bullshit#

La préparation utile tient en quatre points.

Un, vous ciblez avant. L'annuaire des exposants est en ligne. Vous identifiez 5 à 8 organisations qui correspondent à ce que vous cherchez, vous regardez leurs offres sur le job board, vous notez 2 ou 3 postes par entreprise. Vous arrivez avec une liste écrite. Pas un Excel élaboré, juste une feuille A4 avec les stands à voir dans l'ordre.

Deux, vous adaptez votre CV. Pas une version unique. Deux ou trois versions ciblées selon les secteurs que vous visez (industrie / conseil / collectivités, par exemple). Pour un CV destiné à un recruteur d'un grand groupe en transition, vous mettez en avant les compétences environnementales transverses : pilotage de projet bas-carbone, formation à la Fresque du Climat, certification ACV, expérience associative dans la transition. Ne pas inventer, mais ne pas sous-vendre non plus. Si vous avez animé une Fresque, ça compte. Si vous avez piloté un audit énergie sur votre site précédent, ça compte. Les recruteurs cherchent des preuves d'engagement réel, pas du discours.

Trois, vous préparez 3 questions par recruteur. Pas « quelles sont vos offres », c'est sur leur site. Plutôt : « quels métiers ont le plus de mal à recruter chez vous ? », « quels sont les indicateurs d'impact de votre service décarbonation ? », « comment intégrez-vous les compétences vertes dans les fiches de poste existantes ? ». Ces questions montrent que vous avez compris la maille où ça se joue, et elles vous donnent des infos exploitables.

Quatre, vous assistez à 2 conférences max. Le programme 2026 propose 30 sessions sur les 3 scènes. Vous ne pourrez pas tout voir, et si vous essayez vous raterez vos rendez-vous stands. Ciblez la Scène TALENT pour des témoignages de reconversion (utile si vous changez de voie), la Grande Scène pour les keynotes sectorielles (utile pour avoir des chiffres frais à recaser), la Scène INSPIRATION pour les formats courts (utile si vous voulez maximiser la densité d'idées).

Le piège classique du candidat en reconversion, c'est de chercher la conférence miracle qui va éclairer son choix. Elle n'existe pas. Ce qui éclaire un choix, c'est de parler à 5 personnes qui font le métier que vous visez. Au salon, vous avez accès à 50 entreprises qui font ce métier. Faites-le.

Infos pratiques 9 juin 2026#

  • Date : mardi 9 juin 2026, 9h00 à 18h30
  • Lieu : Centquatre-Paris, 5 rue Curial, 75019 Paris (métro Riquet ligne 7, Crimée ligne 7, Stalingrad lignes 2-5-7)
  • Accès : gratuit sur inscription préalable via talentsfortheplanet.fr/inscription
  • Public : étudiants, jeunes diplômés, actifs en poste, reconversions, demandeurs d'emploi, enseignants
  • Job board : jobs.talentsfortheplanet.fr (consultable avant et après l'événement)
  • Organisateurs : Groupe AEF info + PRODURABLE

Le Centquatre est facilement accessible en transports. Comptez 20 à 25 minutes depuis Châtelet en métro. Sur place, l'espace est lumineux (verrière, halle industrielle réhabilitée), il y a des coins pour s'asseoir et reprendre ses notes entre deux stands. Restauration sur place mais souvent saturée à midi : prévoyez un encas si vous ne voulez pas perdre 45 minutes en file.

Côté tenue : neutre business, pas costume strict. Le secteur de la transition écologique vit dans le décalage entre des standards corporate (banques, industrie) et des standards plus souples (associations, startups). Le bon compromis : chemise ou pull propre, pantalon ou jean foncé, chaussures fermées correctes. Vous parlerez aussi bien à un DRH de Veolia qu'à un dirigeant de scale-up CleanTech.

ENVIROpro Rennes les 17-18 juin : le pendant pro-pro#

Pour qui vise une carrière technique en environnement et qui ne se contente pas du salon généraliste, ENVIROpro Grand Ouest enchaîne le 17 et 18 juin 2026 à la Glaz Arena de Cesson-Sévigné (Rennes). Format différent : 200 exposants, 100 % solutions environnementales, public BtoB. C'est moins un salon de recrutement qu'un salon de filière (eau, énergie, déchets, air, sols, mobilité, éco-construction, RSE, biodiversité).

L'intérêt pour qui cherche un poste : tous les bureaux d'études, les industriels et les collectivités du Grand Ouest y sont en force. ECE Environnement, AILE, les services techniques de Rennes Métropole, les opérateurs régionaux de l'eau et des déchets. Si vous habitez Bretagne ou Pays de la Loire, c'est un rendez-vous complémentaire (mercredi 9h-18h, jeudi 9h-17h). Vous y arrivez avec des cartes de visite récupérées au Centquatre 8 jours avant, vous pouvez très bien décrocher un entretien à Rennes pour un poste préparé à Paris.

Deux salons à 8 jours d'intervalle, deux logiques. Paris : généraliste, grand public, recrutement actif, conférences inspirantes. Rennes : pro, technique, filière, salon de fournisseurs où on croise aussi les recruteurs. La combinaison vaut largement le déplacement pour qui prend la recherche d'emploi vert au sérieux.

Le marché ne va pas plus vite qu'avant. Il s'élargit doucement, les opportunités existent mais elles se gagnent en allant les chercher en personne. Le 9 juin, vous avez 50 occasions de le faire en une journée. Si vous y allez sans préparation, vous repartirez avec un sac de goodies et zéro contact. Si vous arrivez avec une liste, vous repartirez avec 4 entretiens calés. La différence, c'est trois heures de préparation la veille.

Sources#

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