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Chargé d'études risques naturels en DDT : le vrai salaire

Chargé d'études risques naturels en DDT : le vrai salaire

Par Guillaume P.

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Guillaume P.

Tapez « chargé d'études risques naturels DDT » sur un moteur de recherche. Vous tombez sur des fiches d'orientation qui décrivent le métier en trois paragraphes creux : missions, qualités requises, formation conseillée. Aucune ne cite un décret. Aucune ne donne un indice. Et surtout, aucune ne vous dit que ce poste sort en deux catégories différentes selon le département qui recrute, avec deux grilles de salaire qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre.

En clair. Le poste de chargé d'études risques naturels en DDT existe en catégorie B (corps des techniciens supérieurs du développement durable) et en catégorie A (corps des ingénieurs des travaux publics de l'État), selon les départements. Le traitement de base suit une grille indiciaire publique, calculable article par article, jamais une fourchette constatée.

Deux portes pour le même poste#

La DDT de l'Oise a publié en 2026 une offre de « chargé d'études risques » (référence 2026-2244845) classée sans ambiguïté : « Catégorie B (profession intermédiaire) ». Les missions listées : participer à l'élaboration des PPRI et des PPRN du département, en particulier ceux de la vallée de l'Oise, de l'Aisne et du Thérain.

Ouvrez maintenant la fiche métier du répertoire ministériel de la transition écologique. Le même intitulé, « chargé·e de mission prévention des risques naturels », y est présenté en catégorie A, avec un accès par « les concours d'ingénieur-e des travaux publics de l'État (ITPE), externes et internes ». Deux sources officielles, deux catégories, pour un métier qui s'exerce « dans les directions départementales des territoires (DDT) ou directions de l'environnement, de l'aménagement et du logement en outre-mer ».

Et ne cherchez pas un corps qui s'appellerait « ingénieur du développement durable » : il n'existe pas. Le corps de catégorie A cité par le ministère pour ce métier est celui des ingénieurs des travaux publics de l'État, régi par le décret n°2005-631 du 30 mai 2005. Point.

ÉlémentCatégorie BCatégorie A
CorpsTechniciens supérieurs du développement durable (TSDD)Ingénieurs des travaux publics de l'État (ITPE)
Texte statutaireDécret n°2012-1064 du 18 septembre 2012Décret n°2005-631 du 30 mai 2005
GradesTSDD, TSDD principal, TSDD en chefITPE, ingénieur divisionnaire, ingénieur hors classe
Exemple concretDDT de l'Oise, offre réf. 2026-2244845Fiche métier ministérielle, voie ITPE

Aucune des deux fiches ne renvoie à l'autre. Si vous cherchez « le » salaire du poste sans préciser laquelle des deux portes vous visez, vous cherchez la mauvaise question.

Ne confondez pas non plus ce corps avec celui du technicien territorial de l'environnement : ce sont des services de l'État, pas de la fonction publique territoriale. Grille différente, statut différent, employeur différent.

Combien ça paie, vraiment#

Le traitement de base part d'un seul chiffre national : la valeur annuelle du traitement afférent à l'indice 100 majoré, fixée à 5 907,34 euros depuis le 1er juillet 2023 par l'article 3 du décret n°85-1148, dans sa rédaction issue du décret n°2023-519 (elle était de 5 820,04 euros avant, soit une revalorisation de 1,5 %). Le portail de la fonction publique affiche l'équivalent mensuel : 4,92 euros depuis la même date. Selon la CFDT-UFETAM, cette valeur n'a toujours pas bougé au 1er janvier 2026 : c'est une source syndicale, je le précise, mais elle confirme simplement que le texte réglementaire, lui, n'a pas changé.

En croisant les grilles indiciaires des deux décrets d'échelonnement avec le barème officiel de correspondance indice brut / indice majoré et cette valeur du point, voici ce que ça donne en traitement brut mensuel, hors primes :

Corps / gradeÉchelonTraitement brut mensuel
TSDD, 1er grade1er échelon (IM 373)1 836,20 €
TSDD, 1er grade13e échelon, sommet (IM 507)2 495,85 €
TSDD en chef, 3e grade11e échelon, sommet (IM 592)2 914,29 €
ITPE1er échelon (IM 395)1 944,50 €
ITPE10e échelon, sommet (IM 678)3 337,65 €
Ingénieur divisionnaire (IDTPE)9e échelon, sommet (IM 826)4 066,22 €

Ce sont des calculs, pas des salaires constatés. Personne n'a publié d'enquête de rémunération sur ce métier précis, avec opérateur, année et échantillon. Le ministère donne bien une fourchette nette annuelle, mais il la présente lui-même comme indicative : 22 000 à 34 000 euros en début de carrière, 26 600 à 44 400 euros après dix ans. Je vous la donne telle quelle, avec son étiquette.

À ce traitement s'ajoute le RIFSEEP, et un chiffre faux y circule : une source secondaire annonce quatre groupes de fonctions pour les TSDD, dont un plafonné à 16 400 euros. L'arrêté du 5 novembre 2021, lu à la source sur Légifrance, n'en compte que trois : groupe 1 à 19 660 euros par an, groupe 2 à 18 580 euros, groupe 3 à 17 500 euros. Pour les ITPE, l'arrêté équivalent en fixe quatre : 46 920, 40 290, 36 000 et 31 450 euros. Ce sont des plafonds annuels d'IFSE, pas des montants versés.

Honnêtement, je ne peux pas vous dire quel groupe RIFSEEP correspond à ce poste en particulier : aucune des offres consultées ne le précise, et je ne vais pas le deviner à votre place. Le vide, ici, vaut mieux qu'un chiffre inventé.

Par quel concours on entre#

Deux voies séparées, avec deux niveaux de diplôme différents. Pour la catégorie B, le concours externe de technicien supérieur principal du développement durable demande un BTS, un DUT ou un diplôme équivalent, ou trois ans d'expérience professionnelle. La session 2026 ouvre un domaine consacré à l'eau, à l'environnement et aux risques naturels au sein de la spécialité techniques générales, qui totalise 79 postes, dont 75 en techniques générales.

Pour la catégorie A, le concours externe sur titres d'ITPE exige un doctorat, un DESS, une agrégation, un master, un titre de docteur-ingénieur ou d'ingénieur, un DEA, un diplôme de niveau 6 complété par deux ans d'expérience, ou trois ans d'expérience sans condition de diplôme. La session 2026 ouvre 17 postes au total, dont 6 en spécialité prévention des risques naturels et 2 en géologie et géotechnique.

C'est la matière que les fiches d'orientation généralistes ne donnent jamais : elles décrivent un métier, jamais la porte réelle pour y entrer. Si la filière technique de l'État vous intéresse plus largement, il existe aussi une voie supérieure au sein du même ministère : le concours IPEF, pour ceux qui veulent voir plus loin que le poste de terrain. Et si c'est plutôt le contrôle des installations classées qui vous attire dans les mêmes services déconcentrés, le concours d'inspecteur ICPE suit une logique de recrutement comparable, sur un autre champ.

Le job au quotidien#

Sur l'offre de la DDT de l'Oise, les missions concrètes tournent autour de l'élaboration des plans de prévention des risques naturels : rédaction de cahiers des charges, pilotage d'études, et surtout un rôle dans les documents d'urbanisme, avec avis sur les permis de construire, notes d'enjeux et porter à connaissance. En arrière-plan légal, c'est simple : « L'État élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles tels que les inondations, les mouvements de terrain, les avalanches, les incendies de forêt, les séismes, les éruptions volcaniques, les tempêtes ou les cyclones » (article L562-1 du code de l'environnement). Ce n'est pas un service qui conseille, c'est un service qui élabore un document opposable.

Et l'employeur lui-même ne cache pas la tension politique du poste : « Le PPRI est donc vu par les élus comme un outil d'aménagement du territoire. » Autrement dit, vous n'écrivez pas un document technique dans un coin tranquille. Vous écrivez un document que des maires vont contester en réunion publique.

Côté outils, l'offre consultée mentionne QGIS, LibreOffice et Carto2, avec une compétence attendue en marchés publics : rien d'exotique pour qui a déjà touché à un bureau d'études, mais ce n'est précisé nulle part dans les fiches génériques.

Ce qu'il faut retenir#

Un même intitulé, deux corps, deux grilles, deux voies de concours. Si une fiche vous vend « le » salaire du chargé d'études risques naturels sans préciser catégorie A ou B, elle a fait l'impasse sur la moitié du sujet. Pour la méthode générale de lecture des grilles de salaire du secteur, notre guide dédié creuse la question au-delà de ce seul métier, et notre décryptage des salaires de l'éolien terrestre applique la même logique sur un autre poste technique.

Foire aux questions#

Le chargé d'études risques naturels en DDT est-il catégorie A ou catégorie B ?#

Les deux, selon le département et le poste. Certaines DDT publient l'offre en catégorie B, corps des techniciens supérieurs du développement durable (décret n°2012-1064). La fiche métier ministérielle classe le même intitulé en catégorie A, accessible par le concours d'ingénieur des travaux publics de l'État (décret n°2005-631). Vérifiez la catégorie sur chaque offre avant de postuler.

Combien gagne un chargé d'études risques naturels en DDT ?#

Le traitement indiciaire brut, hors primes, va d'environ 1 836 euros par mois en début de carrière catégorie B à environ 4 066 euros au sommet du grade d'ingénieur divisionnaire en catégorie A, calculs faits à partir des grilles publiques et de la valeur du point d'indice en vigueur. Le ministère donne aussi des fourchettes nettes indicatives : 22 000 à 34 000 euros par an en début de carrière, 26 600 à 44 400 euros après dix ans. Aucune enquête de rémunération publique n'existe sur ce métier précis.

Le corps « ingénieur du développement durable » existe-t-il ?#

Non. Ce nom ne correspond à aucun corps de la fonction publique d'État. Le corps de catégorie A associé à ce métier par le ministère est celui des ingénieurs des travaux publics de l'État (ITPE).

Quel concours passer pour devenir chargé d'études risques naturels en DDT ?#

Pour la catégorie B, le concours externe de technicien supérieur principal du développement durable, dans son domaine eau, environnement et risques naturels, ouvert avec un BTS, un DUT ou trois ans d'expérience. Pour la catégorie A, le concours externe sur titres d'ITPE, spécialité prévention des risques naturels, ouvert avec un diplôme de niveau master ou équivalent.

Le RIFSEEP de ce poste, c'est combien réellement ?#

Les arrêtés du 5 novembre 2021 fixent des plafonds annuels d'IFSE, pas des montants versés : trois groupes pour les TSDD (de 17 500 à 19 660 euros), quatre groupes pour les ITPE (de 31 450 à 46 920 euros). Le groupe RIFSEEP réellement attribué à ce poste et le montant effectivement versé ne sont précisés dans aucune offre consultée.

Sources#

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