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Entreprises

Il est possible de créer des emplois et protéger la biodiversité

Jean-Charles BATENBAUM2 min de lecture

Selon une toute nouvelle étude financée par Natureparif, l’Agence Régionale pour la Nature et la Biodiversité en Île-de-France, et réalisée par une équipe de chercheurs travaillant au Centre d’Etudes de l’Emploi (CEE), on peut à la fois protéger la biodiversité et créer de l’emploi.

L’objectif principal de cette étude était de dénombrer les emplois favorables à la biodiversité, ou bioemplois, en Île-de-France et d’étudier les différents moyens offerts aux politiques publiques pour augmenter ces emplois et soutenir ainsi la biodiversité.

Il faut savoir que le concept d’emplois favorables à la biodiversité n’existait pas en sciences économiques jusqu’à cette étude, et ce, en dépit d’une longue tradition de recherche scientifique en économie de l’emploi et des nombreuses années de préoccupation pour la protection de la biodiversité.

L’avancée principale de l’étude est donc de lancer, en sciences économiques appliquées à l’appui à la décision, la réflexion sur la mise en place de ces politiques publiques dites « à double dividende », peut on lire dans un communiqué de presse.

Selon les estimations, les bio-emplois ne représentent aujourd’hui que 1 emploi sur 1000 en Île-de-France, soient 5 090 bio-emplois en effectifs occupés (EO) et 6 400 en équivalent temps plein (ETP). Ils se répartissent, à plus de 70%, entre les activités associatives, les activités de recherche et développement et l’administration publique. A cela, s’ajoutent 2 355 emplois nationaux en EO et 2 900 ETP, induits par les bio-emplois franciliens, soit un total de presque 7 450 bio-emplois et emplois induits en EO et 9 300 pour une comptabilisation en ETP. Ainsi, pour deux bio-emplois, en moyenne, un emploi induit est créé.

Ces résultats soulignent, encore une fois si besoin en était, la nécessité d’agir. Ils montrent que l’échange est très inégal entre ce que la biodiversité donne à l’économie et ce que l’économie lui rend, note l’étude.

« Pour soutenir à la fois la biodiversité et l’emploi, l’étude montre qu’il faut conduire une politique mixte, avec des actions tant côté demande que côté offre, tout en ciblant de façon différente ces deux types d’action sur les secteurs d’activité économique. Côté demande, il importe de soutenir l’activité d’un petit nombre de secteurs, d’ores et déjà intense en bio-emploi et identifiés dans l’étude, tout en changeant, côté offre, les pratiques d’un nombre plus large de secteurs, riches en emplois mais encore pauvres en bio-emplois, également analysés dans les simulations », note les checheurs.

Au final, la stratégie régionale devrait donc consister à peu cibler l’action sur l’offre, afin d’inciter les pratiques favorables à la biodiversité sur un grand nombre de secteurs, tout en ciblant les mesures de demande sur un petit nombre de secteurs, afin de soutenir la production des secteurs les plus intensifs en emplois favorables à la biodiversité.

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