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Entreprises

Fabrice Flipo analyse les TIC

Jean-Charles BATENBAUM3 min de lecture

Une toute nouvelle étude sur les technologies numériques verte, coordonnée par Fabrice Flipo, Enseignant-chercheur à Télécom Ecole de Management, mesure l'impact environnemental de ces dernières.

Alors, peut-on croire aux technologies numériques vertes ?

Selon Mr Flipo, face aux préoccupations environnementales actuelles, les technologies de l'information et de la communication véhiculent une image de technologie propre. Le principal argument avancé est la dématérialisation, parce qu'elle permettrait de diminuer la consommation de papier et de réduire les déplacements, aurait un impact environnemental positif.

L’étude menée par Mr Flipo vise à y voir plus clair en ce qui concerne les enjeux écologiques des technologies numériques de l'information et de la communication.

Les notions de technologies de l'information et de la communication (TIC) et de nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) regroupent les techniques utilisées dans le traitement et la transmission des informations, principalement de l'informatique, de l'Internet et des télécommunications.

Par extension, elles désignent leur secteur d'activité économique. Cette définition des TIC positionne cette industrie comme support de l'industrie du contenu numérique.

En ce qui concerne les NTIC, le terme tend à qualifier plus particulièrement les problématiques résultantes de l'intégration de ces technologies au sein des systèmes institutionnels, recouvrant notamment les produits, les pratiques et les procédés potentiellement générés par cette intégration.

L’investissement dans les TIC serait l’un des principaux moteurs de compétitivité des entreprises. En effet, selon des études de l'OCDE, les TIC seraient un facteur important de croissance économique aux États-Unis.

Mais le premier bilan à tirer selon l’étude est que les TIC vertes ne le sont pas tant que ça

Elles consomment de plus en plus d'énergie (2 % de la consommation mondiale) et produisent des déchets difficiles à traiter. Leur déploiement provoque en effet une flambée des cours de terres rares, un groupe de métaux indispensables pour fabriquer écrans plats, LED, téléphones... En l'absence de filière structurée, ces métaux deviennent des déchets toxiques mélangés au tout venant, avant d'être incinérés et d'être propagé dans l'environnement.

L’étude estime qu’il y a aussi de vraies mesures en faveur de l'environnement. Prenant par exemple Google, qui a équipé son siège social à Montain View de panneaux solaires, et compte produire 50 mégawatts d'énergie renouvelable d'ici 2012.

Autre exemple, les terminaux mobiles. Le besoin d'autonomie des smartphones, grâce auxquels nous pouvons désormais lire nos mails, regarder des vidéos où consulter notre agenda, a poussé les constructeurs à réduire la consommation des batteries. Une bonne chose en soi. Mais ce progrès doit être relativisé. En effet, pour parvenir à un tel résultat, les calculs sont désormais réalisés en partie sur les serveurs. La consommation d'énergie s'est donc seulement déportée, peut on lire dans un communiqué de presse.

Pour Mr Flipo, il faut s'interroger sur ce qu'est la modernité, le développement durable, car tous les secteurs sont interdépendants. Réduire l'émission des gaz à effet de serre tout en favorisant la croissance est un équilibre difficile à résoudre, d'où l'importance d'une approche globale. « Le souci de « produire vert » ne peut être guidé par la seule loi des rendements croissants, qui caractérise la modernité. De plus, les techniques alternatives dont la « vertitude » est prouvable à grande échelle sont plus onéreuses dans la plupart des secteurs, agricole, transport etc. ce qui pose des questions radicalement nouvelles en termes d'organisation sociale, différentes de celles auxquelles libéralisme et socialisme nous avaient habitués. Beaucoup ont fait l'erreur de vouloir ramener la question écologique à un cadre ou l'autre », conclut Mr Flipo.

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